Cancer en République Démocratique du Congo en 2016

Cancer in Democratic Republic of Congo on 2016


Tshimpi A1,2, Ndarabu T1,2, Batumona B², Tambwe F1, Kayembe JMN1,
1 Cliniques universitaires de Kinshasa, République démocratique du Congo
² Clinique Marie-Yvette, Kinshasa, République démocratique du Congo
Correspondance Tshimpi Antoine Unité d‟endoscopie digestive, Département de médecine interne, Cliniques universitaires de Kinshasa B.P. 123 Kin XI
Email : antshimpi@aol.com


Résumé

En République Démocratique du Congo (RDC), le cancer tue plus que la tuberculose, le sida et la malaria réunis! Sa prévalence est en hausse régulière comme dans le reste du monde (1). En occident, le cancer, première cause de mortalité, est responsable de plus de la moitié des décès, même si celle-ci y est en baisse (2). En 2008, près de 44% des décès enregistrés dans les hôpitaux en RDC étaient dus au cancer selon le ministère de la santé (3). Cette hausse régulière de la prévalence concerne des maladies chroniques non transmissibles parmi lesquels le cancer prend une grande place. Parmi les facteurs favorisants sont citées des habitudes alimentaires, des modifications de mode de vie, etc. En fait, le cancer découle de la conjonction de plusieurs facteurs dont certains sont évitables tels que le tabac, l’abus dans la consommation d‟alcool, l’exposition aux infections comme le Sida, l’hépatite B et C, le papillomavirus qui expose au cancer du col de l’utérus et de l‟anus, l‟abus dans la consommation des graisses, le manque d’exercice physique, la non consommation des légumes et fruits. Ce fléau mondial n’épargne personne du fait de son âge, de son sexe, de sa race, de sa religion, de son état de richesse ou de pauvreté. Il doit être considéré comme un problème majeur de santé publique. Les cancers les plus fréquents chez l’homme affectent les poumons, la prostate, le colon ; et, chez la femme, les Seins, les poumons, le colon. Sur le plan digestif, en RDC, la Hausse semble régulière pour les cancers du foie, estomac, gros intestin, rectum (4) ; Contribuant sans doute à une espérance de vie du congolais (51 ans) parmi les plus faibles au monde, inférieure à la moyenne africaine (56 ans), très loin des chiffres français (78 ans pour l‟homme et 83 ans pour la femme) (5).
Il est estimé que près de 12,4 % des 804 millions d‟habitants de la Région africaine développeront un cancer avant d‟avoir atteint l’âge de 75 ans (4). Le risque augmente avec l’âge, et 90 % des cas de cancer surviendront après l’âge de 40 ans. Si des mesures étaient immédiatement prises, il y a possibilité de sauver annuellement quelque 100.000 vies d’ici 2020. En effet, deux tiers des cancers sont curables, à condition d‟organiser le dépistage et de les diagnostiquer à un stade précoce, et d‟en faire bénéficier des traitements appropriés. L’absence, en RDC, de registre national de cancer (6), de statistiques et d‟un programme officiel de lutte contre le cancer, est une lacune qu‟il convient de corriger rapidement. Nous devons donc travailler à une prise de conscience nationale de la réalité du cancer ; l’engagement du ministère de la Santé publique dans la lutte contre le cancer est incontournable. Selon le directeur régional de l‟OMS pour l‟Afrique : « les gouvernements et les partenaires au développement ont la responsabilité partagée de susciter une prise de conscience visant à dissiper les préjugés et idées préconçues concernant le cancer et à favoriser le changement des modes de vie et des comportements liés aux facteurs de risque de cette maladie ». Il y a nécessité, pour la RDC, d’organiser la prise en charge en cancérologie, Ceci suppose : • une formation des professionnels de santé à la prise en charge du cancer ; • un développement de structures adaptées à la prise en charge du cancer ; • des campagnes d‟information visant le grand Public ; • une mobilisation des moyens financiers ; • une accessibilité aux anticancéreux, peut-être selon le modèle des anti rétroviraux pour le VIH. En conclusion, Le cancer représente en RDC, un coût de plus en plus important, en termes de vies humaines ; Il devient urgent d‟organiser sa prise en charge.

Mots clés : anticancéreux, cancer, facteurs favorisants, prise en charge 1. Raymonde Senga. Cancer en RDC : l’urgence d‟une mobilisation pour la lutte s’impose. Le potentiel, le 12/02/2008 2. The Global Burden of Cancer 2013, Jama Oncology, 28 mai 2015 3. Selon Le ministre congolais de la Santé publique, Dr Félix Kabange Numbi, journée de sensibilisation contre le cancer, 04/02/2008 4. Selon le rapport de l’Organisation Mondial de la santé 2014 5. Rapport OMS 2013
6. Abid L. Les registres de cancer en Afrique, santemaghreb.com 2008

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