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Editorial ” Les cardiopathies congénitales dans les pays en développement : défis et perspectives “

Auteur

Alphonse NZOMVUAMA

Appartenance

Chirurgien
Service de chirurgie thoracique et cardiovasculaire (Cliniques Universitaires de Kinshasa, RD Congo)
Service de chirurgie cardiaque, CHU Amiens-Picardie, France

Dans les pays en voie en développement et plus particulièrement en Afrique subsaharienne (à l’exclusion de l’Afrique du Sud), les cardiopathies congénitales posent essentiellement 2 défis : celui de leur diagnostic et celui de leur traitement.
Avec leur incidence généralement admise de 8 pour 1000 naissances vivantes, il serait licite d’attendre un nombre particulièrement important de cardiopathies congénitales documentées, au regard du taux de natalité particulièrement robuste dans nos contrées. Mais la réalité est bien différente.
Le diagnostic des cardiopathies congénitales demeure encore, hélas, fort marginal, ainsi qu’il en ressort des deux articles qui nous sont proposés respectivement dans ce numéro par les équipes malgache et congolaise. La pénétration de l’échographie cardiaque (surtout anténatale) dans les pratiques hospitalières demeure faible dans nos pays et le personnel expérimenté en cardiologie pédiatrique rare et essentiellement confiné dans de grands centres urbains. La grande majorité d’enfants porteurs de cardiopathies échappent ainsi au diagnostic et, ipso facto, à la prise en charge médicale. Plus tard, les « rescapés », rares survivants de ces cardiopathies congénitales dont l’histoire naturelle est associée à une forte mortalité, se retrouvent dans les services de cardiologie adulte avec des malformations devenues, pour la plupart, hors de ressource chirurgicale.
Le défi de la prise en charge des cardiopathies congénitales est davantage plus criant. En effet, comme le font ressortir les auteurs des deux articles précités, fort peu d’enfants sont opérés, alors qu’ils sont encore éligibles à la chirurgie. Bien plus, le traitement chirurgical ne se fait essentiellement qu’à l’étranger, restreignant de ce fait même l’accès à la chirurgie uniquement soit aux enfants qui répondent aux critères de choix des ONG soit à quelques privilégiés.
Les équipes congolaises et malgaches ont le mérite de nous apporter, par ailleurs, des renseignements épidémiologiques sur les malformations cardiaques dans nos pays, comblant ainsi peu à peu le déficit de nos connaissances locales et apportant leur contribution au savoir cardiologique international. Il reste à espérer que d’autres équipes du continent continuent aussi à publier leurs données.
Tout reste à faire et à bâtir. Aujourd’hui, ici et là, des équipes se constituent et se structurent pour que le diagnostic et la prise en charge intégrale des patients s’ouvrent localement au plus grand nombre.
Ainsi, comme quelques pays d’Afrique subsaharienne, la République Démocratique du Congo s’engage aussi dans cette dynamique avec le lancement des activités chirurgicales dans le nouveau centre de chirurgie cardiaque localisée à la Clinique Ngaliema, à Kinshasa.
Il y a lieu de penser que l’avenir sera meilleur pour nos malades.

01-Editorial_Les-cardiopathies-congénitales-dans-les-pays-en-développement_1.pdf (70 téléchargements)

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