Kindombe Luzolo Esaïe1 (Historien de la santé), kibain3@gmail.com


1 Institut National de Recherche Biomédicale

Contexte et objectif. L’ulcère de Buruli progresse lentement et sûrement. L’oubli dans lequel est tombée cette maladie en RDC peut être interprété comme l’ultime transfiguration du mal. Cette pandémie fait des ravages et constitue un grand problème de santé publique en Afrique, et particulièrement en RD Congo. Dans l’imaginaire collectif de la population congolaise plusieurs énigmes environnent cet ulcère. Notre objectif est d’abord de chercher si l’ulcère de buruli existait au Congo avant 1950, ensuite de comprendre le niveau de la connaissance infectieuse de l’ulcère de buruli par la population congolaise et enfin de savoir en cas de l’infection, la population a-t-elle confiance à la médecine ou bien aux charlatans. Méthodes. Pour réaliser notre étude durant la période allant du 12 février au 30 août 2014, plusieurs approches méthodologiques ont été abordées, à savoir : la méthode descriptive, la méthode historique, la méthode quantitative et la méthode qualitative, cette dernière était assise sur les interviews des anciens et nouveaux infectés de l’ulcère de buruli recensés dans le Quartier Kindele (Commune de Mont-Ngafula/Kinshasa) ainsi que 200 autres personnes (élites et hommes ordinaires) non infectées rencontrées dans le même Quartier et à l’Université de Kinshasa. Les questions générales liées à l’identité (en vue de faire ressortir la distribution par sexe et par âge des victimes) venaient à la première position et en second plan les questions spécifiques ci-après: – l’ulcère de buruli « Mbasu » est une maladie d’origine diabolique ou infectieuse? cette maladie est-elle guérissable par la médecine ou par les charlatans (Tradi praticiens, féticheurs, Pasteurs, marabouts, etc.)? Résultats. Avant 1950 ulcère de buruli était déjà présent au Congo-Belge. Il est considéré comme une maladie d’origine sorcellérique par la majorité de la population interviewée. La quasi-totalité de la population de notre échantillonnage accepte plus le traitement traditionnel par rapport à la médecine classique. Conclusion. L’obscurité qui planait autour de la médecine à propos de cet ulcère jadis n’existe plus, mais la quasi-totalité de la population congolaise vive toujours avec les pensées et les théories archaïques liées à cette maladie. Une campagne de sensibilisation et d’information est indispensable pour arrêter l’avancement de ce fléau.

Mots clés : Buruli, ulcère, origine mystérieuse, Kinshasa

Context and objective. The progression of the Buruli ulcer is slow but steady. This disease is neglected in DRC, which could amount to the ultimate evil. This pandemia has devastating consequences and is a major public health problem in Africa, including in the DRC. According to the popular belief prevalent within the Congolese society, the Buruli ulcer remains an enigma. The objective of the present study was to investigate i) whether the Buruli ulcer was present in the DRC before 1950; ii) in which of the modern or the traditional medicine, the population has more trust when affected by the disease. Methods. The study was conducted between February 12th and August 30th 2014 and used the following methodologic approaches: descriptive, historic, quantitative and qualitative methods. The qualitative method was based on interviews with old and new cases of the Buruli ulcer observed in the Kindele Quarter (Mont-Ngafula Commune/Kinshasa) and with 200 non-infected persons (from both the social elite and the working class) from the same quarter and the University of Kinshasa. General questions related to the identity (information to be used for patient age and sex distribution) came in first position. The following specific questions were asked in second position : – does the Buruli ulcer « Mbasu » have a diabolic or infectious (microbial) origin? – is the disease curable by modern or traditional medicine (traditional practitioners, fetichists, pastors, witchdoctors, etc)? Results.The Buruli ulcer was already present in the DRC before 1950. For the majority of interviewed people, the Buruli ulcer has malefic and mysterious origin. The quasi-totality of the sample population shows more trust in the traditional than in the modern medical treatment of the disease. Conclusion. Although a lot has been learned on the cause and pathology of the Buruli ulcer in the past decades, the quasi-totality of the Congolese population still holds archaic thoughts and beliefs on this disease. An awareness campaign may be necessary to stop the progression of the misinformation of the population on the disease.

Keywords: Buruli, ulcer, mysterious origin, Kinshasa

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