Dilatation endoscopique des sténoses digestives en République Démocratique du Congo

Endoscopic dilation of digestive stenosis in Democratic Republic of Congo


Tshimpi A 1,2, Kengibe Y1, Loleke E2, Ndarabu T1,2, Tambwe F2, Lungosi M1, Ngoma P1, Nsumbu JB2, Mbendi C1, Mbendi N1.
1 Service d‟Hépato gastroentérologie des Cliniques Universitaires de Kinshasa
2 Clinique Marie-Yvette/ Kinshasa.
Auteur correspondant Antoine Tshimpi E-mail : antshimpi@aol.com


Résumé Contexte et objectif.

La dilatation endoscopique est un traitement de première intention dans les sténoses digestives (1). Nous rapportons ici une série des patients ayant bénéficié de cette technique, jusque-là non pratiquée en RDC. Méthodes. Dans une étude transversale, 18 patients (13 hommes) porteurs d‟une sténose digestive ont été traités par voie endoscopique, à la Clinique Marie-Yvette, entre décembre 2015 et septembre 2016. Le diagnostic de la sténose était confirmé par une endoscopie digestive préalable. Les paramètres recherchés étaient l‟indication, la fréquence des dilatations digestives et l‟évolution en milieu congolais. Pour raison de disponibilité de matériels, la dilatation était réalisée exclusivement avec des bougies de savary. Résultats. L‟âge moyen des patients était de 41,16 ± 21,7 ans avec des extrêmes allant de 1 à 68 ans. Les principaux symptômes cliniques étaient une dysphagie (50%), des vomissements (55,5%), des épigastralgies (16,67%).Les principales causes de sténoses étaient une oesophagite peptique (33,3%), une achalasie (22,2%), une sténose post-chirurgicale (17%), une ingestion caustique (11,1%), un ulcère bulbo duodénal (11,1%), séquelles d‟ingestion de corps étranger (11,1%), un cancer (6%), et une radiothérapie (6%). La localisation de la sténose était bulbo duodénale chez 5 patients et oesophagienne chez 13 patients. Lors de l‟endoscopie diagnostique, 35,7% de patients avaient une sténose complète et 64,3% une sténose partielle. La dilatation endoscopique a été réalisée sous sédation dans tous les cas. Pour lever totalement la sténose, le nombre de séance de dilatation variait de 3 et 5, à raison d‟une séance par mois. Aucune complication n‟a été enregistrée. La quasi-totalité de patients a bénéficié d‟un traitement par d‟Inhibiteurs de pompe à proton, corticoïde et antalgique après dilatation. Le délai moyen de suivi de patient était de 6 mois. 2 patients (11,1%) ont présenté une évolution favorable, 4 patients (22,7%) ont présenté une récidive de sténose du fait de l‟irrégularité des séances et ont bénéficié d‟au moins une nouvelle séance de dilatation, 12 (66,6%) ont été perdus de vue. Conclusion. La dilatation endoscopique à la bougie de Savary est une technique simple, réalisable en RDC. Le nombre important de perdus de vue dans cette étude ne permet pas de conclure sur le délai sans récidive. Référence : Heresbach D, Boustiere C, Michaud L, Lachaux A. Dilatation des sténoses bénignes de l‟oesophage chez l’adulte et chez l’enfant. Acta Endosc. 2010; 40 (3): 282–286.
Mots clés : sténose de l‟oesophage, dilatation endoscopique, bougie de Savary